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Former les formateurs d'adultes à distance

Mis à jour le 19 mai 2008  

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Formation ouverte et à distance

publié le 19 mai 2008


Dans le cadre de la formation de formateur professionnel d'adultes - FPA, a été expérimenté, il y a environ trois ans, la mise en oeuvre de la formation FPA en FOAD. Bernadette ANDRE, formatrice à l'Apfar a participé à ce projet et revient sur cette expérimentation...

Pourquoi avoir mis en place cette expérimentation de formation de formateurs à distance ? Quels étaient les objectifs et enjeux ? Quand cela a eu lieu et sur quelle durée ?

Bernadette ANDRE - Cette expérimentation a été mise en place, à la demande des partenaires DTEFP et Région Réunion pour plusieurs raisons : d'une part, pour pallier différentes contraintes du dispositif existant en présentiel collectif (durée trop longue, taux d'absence et d'abandon importants, contrainte de lieu, de rythme...) et, d'autre part, dans l'intérêt pédagogique de permettre aux formateurs en formation, d'utiliser les nouvelles technologies et d'acquérir ainsi des compétences dans le domaine.
Ce nouveau dispositif à distance permettait plus de souplesse dans la prescription des parcours individuels, dans le choix des lieux de formation, ainsi qu'une meilleure traçabilité des activités stagiaires et formateurs, via les outils de la plate-forme de téléformation...
La formation « Formateur(trice) Professionnel(le) d'Adultes », homologuée par un Titre du Ministère du Travail de niveau III, a une durée de 1 260 h, elle s'est déroulée sur dix-huit mois (au lieu de 24 précédemment) du 03 octobre 2005 au 06 avril 2007.

Pourriez-vous nous dire en quelques mots, en tant que partenaire de ce projet et formatrice, quelles ont été les étapes pour la création de contenus pédagogiques, la mise en ligne des cours ?

Bernadette ANDRE - Le projet de mise en ligne d'environ un tiers de la formation FPA a mobilisé les partenaires du dispositif interinstitutionnel de « Professionnalisation des Acteurs de la Formation et de l'Insertion », soit :

  • les organismes de formation : l'AFPAR (Bernadette ANDRE), A.P.R. (Hélène GIRAUD), LCFOR (Jean VIRACAOUNDIN), PROXIMA (Jean-Marie CATHERINE),
  • le CARIF-OREF : le département « PAFI » pour une participation aux réunions de pilotage et la mise à disposition des moyens utiles à l'équipe de travail (salle de réunion, postes de travail équipés) ; RESINTER pour l'appui technique (transfert de compétences en lien avec les nouvelles technologies, maintenance de la plate-forme).

Ce projet s'est articulé autour de trois types d'activités :

  • les activités en équipe, réservées à la conception des démarches, procédures, outils rendus nécessaires sur le dispositif intégrant les nouvelles technologies,
  • les activités individuelles de chacun des membres de l'équipe, réservées à la scénarisation des séquences de formation et à la production numérisée de l'ensemble des ressources mises à disposition des apprenants,
  • la conduite du projet par l'AFPAR, réservée à l'animation, l'organisation et au suivi des travaux d'ingénierie.

 
Quelle était l'organisation pédagogique de cette formation : entièrement à distance, avec du présentiel ?

Bernadette ANDRE - La formation a été organisée autour de trois temps complémentaires, permettant la construction de réelles compétences professionnelles :
  • à distance, pour les activités individuelles ou collaboratives de recherche, d'analyse et/ou de synthèse formalisées par des productions écrites,
  • en entreprise, pour l'expérimentation des acquisitions, ou la découverte de dispositifs spécifiques,
  • en présentiel, pour l'analyse et la formalisation des pratiques mises en œuvre, et l'entraînement par simulation de situations professionnelles.

 
Comment s'est installée la relation entre le formateur et le stagiaire ? Quelles sont les différences notables par rapport à une formation entièrement réalisée en présentiel ?

Bernadette ANDRE - La relation formative s'en est trouvée bien sûr modifiée, l'apprenant ayant un accès direct au contenu, hors présence physique du formateur, ce qui entraîne forcément :

  • en amont, pendant la phase de préparation, un effort de guidance, pour donner des repères aux apprenants, du sens aux apprentissages et susciter les motivations,
  • pendant les apprentissages, un accompagnement régulier et soutenu, le formateur de formateurs devant intervenir à la demande d'un ou plusieurs apprenants, au moyen des outils de communication accessibles par la plate-forme, ce dans un délai correct.

 
Combien de stagiaires ont été concernés par la formation ? Etaient-ils tous originaires de La Réunion ? Quel a été le taux de réussite ?


Bernadette ANDRE - L'effectif a été stabilisé autour de 24 personnes, au gré des parcours modulaires (26 stagiaires au premier module « Animation », 24 au module 2 "Accompagnement", 23 au module 3 "Ingenierie"). L'effectif était composé d'hommes et de femmes ayant une expérience du métier, en emploi ou en recherche d'emploi, majoritairement originaires de la Réunion (environ 70 %). A noter la présence d'une formatrice originaire du Maroc, récemment installée dans l'Ile.
Le taux de réussite au Titre Professionnel a été de 86 % : sur 21 candidats, 18 l'ont obtenu, les trois autres candidats ayant obtenu deux Certificats de Compétences Professionnelles - CCP - sur les trois constitutifs du Titre.
Un candidat, bénéficiaire d'un parcours progressif, n'a, quant à lui, présenté et obtenu que le CCP3 « Construire et conduire des actions spécifiques de formation ».

Selon vous, quels sont les avantages de mettre en place une formation à distance et quels en sont les inconvénients ?


Bernadette ANDRE - Tout dispositif présente des avantages et des inconvénients. Ce dispositif en partie à distance n'a pas forcément résolu l'ensemble des problématiques existantes (les absences notamment). Au vu des sondages réguliers qui ont été réalisés par l'Afpar tout au long de l'action et des résultats obtenus, il a permis :

  • la réduction de la durée de l'action (18 mois au lieu de 24)
  • la pluralité et la complémentarité des trois modalités de formation
  • le respect des rythmes individuels, en offrant une souplesse dans les délais de réalisation des activités d'apprentissage à distance et en entreprise (ex. 3 jours à réaliser sur une semaine de 7 jours...)
  • la réduction des déplacements des bénéficiaires de la formation
  • l'expérience de la FOAD pour les formateurs en formation

Par contre, il a demandé :

  • aux bénéficiaires de fortes capacités d'organisation, d'autonomie et de travail, puisque, d'une part, les heures travaillées à distance donnaient systématiquement lieu à productions, et, d'autre part, que dans une seule semaine pouvaient se succéder trois temps de formation,
  • aux formateurs de formateurs, une préparation rigoureuse, l'emploi d'un vocabulaire « juste », un suivi personnalisé et renforcé, un formalisme plus accru dans la gestion de la formation.


Et pour tous, une adaptation à de nouvelles façons de travailler, avec des moyens plus importants et des outils qui mériteraient d'être plus exploités (Ex. visioconférence pour introduire plus de présentiel déporté, interactivité des apprentissages : vidéo, films...).


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