Mis à jour le 4 juin 2008
envoyer cette page imprimerFormation initiale et continue (stage / orientation scolaire et professionnelle / DIF / CIF...)
publié le 2 juin 2008
"Passer du rêve ou de l'intention de formation à un réel projet professionnel". C'est en ces termes que Jean-Moïse NICE, Directeur de AREFIP, définit l'accompagnement des salariés dans le cadre de sa mission d'accompagnement.
Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l'AREFIP et préciser quelle est votre mission d'accompagnement CIF pour le Fongecif ?
Jean-Moïse NICE - L'AREFIP - Accompagnement pour la Réussite de la Formation et de l'Intégration Professionnelle - réalise un accompagnement auprès des entreprises et des salariés. L'AREFIP accompagne les entreprises dans leur politique de développement des ressources humaines et aide ainsi l'entreprise à mettre en place une stratégie en matière de développement des compétences en relation avec le projet de l'entreprise. L'accompagnement porte notamment sur le Bilan de compétences, la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ainsi que sur le recrutement.
Parmi les prestations de l'AREFIP figure le conseil au salarié en matière de perfectionnement professionnel ou de reconversion pour le développement de carrière. L'élaboration du projet professionnel est le coeur de ses actions. Les moyens de la réalisation du projet tel que le Bilan de compétences, la Validation des acquis de l'expérience ainsi que les moyens financiers à mobiliser dans le cadre de l' Accord national interprofessionnel - ANI - font également partie des domaines d'intervention de l'AREFIP.
L'AREFIP est basé à Saint-Pierre et Saint-Denis.
Quelle est la prestation que vous proposez en matière d'accompagnement dans le cadre du CIF ?
Jean-Moïse NICE - Le Fongecif s'est rendu compte que les personnes demandant un financement pour un CIF sont souvent dans une logique de formation pour la formation. Or l'objectif du FONGECIF est de financer les moyens nécessaires à la réalisation d'un projet professionnel et donc aider à la construction d'un projet et ne pas seulement se cantonner à délivrer des dossiers de prise en charge et de financer les congés individuels de formation. La politique du FONGECIF a été de passer d'une logique de gestion à une logique d'accompagnement et quitter la position d'offre de moyen au profit du décryptage et de la compréhension de la demande du salarié.
Nos missions en tant que prestataire missionné par le FONGECIF pour l'accompagnement des salariés sont :
Pendant le processus d'accompagnement, notre travail est de « défocaliser de la formation (moyen) et focaliser davantage sur le métier ou la nouvelle situation (but) ».
La décision de financement par le FONGECIF s'appuiera sur le projet professionnel lui-même, sur le délai de réalisation mais aussi sur le degré d'implication du salarié.
En collaboration avec le FONGECIF, vous participez à des réunions d'information collective, des entretiens semi-collectifs, des entretiens individuels, pouvez-vous nous indiquer précisément comment se déroulent-ils ?
Jean-Moïse NICE - L'information et l'accompagnement des salariés se déroulent effectivement en plusieurs étapes :
Les personnes présentes à ces réunions viennent y chercher de l'information, il ne s'agit pas encore d'accompagnement à proprement parler.
L'un des objectifs de cette réunion est de faire prendre conscience aux salariés que le FONGECIF ne finance pas une formation mais un congé de formation qui doit faire partie intégrante d'un projet professionnel.
Cette réunion permet aussi d'aider les salariés à comprendre et à mettre en oeuvre les dispositions de l'Accord national interprofessionnel - ANI - véritable socle juridique en matière de formation professionnelle notamment, concernant le Congé individuel de formation - CIF, le Droit individuel de formation - DIF, la période ou le contrat de professionnalisation, le plan de formation, ... Les dispositifs tels que le Bilan de compétences, la Validation des acquis de l'expérience sont également abordés.
Une présentation de l'accompagnement est faite lors de cette première rencontre. Les rendez-vous sont pris pour les phases d'accompagnement pour les personnes qui le souhaitent.
Cet atelier se déroule autour d'une table, 5 à 7 personnes sont présentes. C'est un moment d'échange et de discussion où chacun expose son projet professionnel. Les échanges permettent d'inciter les uns et les autres à parler de leur représentation du métier qu'il envisage de faire, de parler d'eux-mêmes, de leur environnement. C'est en général un moment où règne une belle ambiance, une logique d'entraide s'instaure rapidement, chacun parlant de sa connaissance du métier qu'il a par un proche, une connaissance ou une expérience personnelle.
Cette étape est le cœur de la production du projet. Si l'on se rend compte qu'un salarié n'a pas une complète connaissance du métier et de ses implications sur son environnement personnel et professionnel, on l'accompagne à découvrir ce métier et de réfléchir à l'adéquation possible.
Cet entretien final permet de revoir le salarié quelque temps après. Il a eu la possibilité de discuter en famille de son projet, d'explorer un peu mieux le métier, le poste ou la situation professionnelle visée et à laquelle il se destine, de voir quels sont les débouchés. Il est désormais conscient des conséquences du projet sur sa vie familiale et professionnelle.
C'est à ce moment là seulement que l'on va commencer à parler de formation. Si le salarié décide de conserver ce projet - toutefois il peut changer d'avis et décider de prendre une autre orientation - nous examinons si la formation et son contenu (programme détaillé) correspondent effectivement aux compétences à acquérir pour exercer ce nouveau métier. Quand la personne est prête, nous identifions le centre de formation adapté et les moyens de financement adéquats. Il peut s'agir d'un CIF mais pourquoi pas d'un DIF ou d'un financement dans le cadre du plan de formation si le projet rentre plutôt dans le cadre d'une évolution au sein de la même entreprise par exemple.
Ce choix n'est pas imposé à la personne accompagnée. En fin d'entretien, il y a délibération et le salarié valide son choix lui-même en toute connaissance de cause. Si le projet nécessite une formation qui relève d'un congé individuel de formation, nous lui remettons en dernier lieu un dossier à remplir qu'il devra accompagner d'une lettre de motivation que nous l'aidons à élaborer en veillant à la cohérence de l'ensemble.
Il faut bien retenir que cet accompagnement s'inscrit dans une logique de parcours sécurisé en prenant en compte la demande du salarié et non dans une logique de gestion de fonds prenant en compte l'offre de FONGECIF. Le tout dans une posture de "tenir conseil et délibérer pour agir" (A. LHOTELIER), avec le postulat que : conseiller ce n'est pas donner des conseils.